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Nom du blog :
micuge
Description du blog :
Poésies sans prétention,écrites pour mon plaisir et celui des mes lecteurs?
Catégorie :
Blog Artiste
Date de création :
14.04.2007
Dernière mise à jour :
03.06.2008
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181 - Les Vieux

Posté le 03.06.2008 par micuge
181 – Les Vieux


Ils ne parlent plus
Ou seulement , parfois , du bout des yeux
Ils sont pauvres , toutes illusions perdues
Leur seul trésor : un cœur pour deux
Chez eux , ça sent le thym , le propre et la lavande
Et l’on retrouve le verbe d’antan
Qu’importe ou l’on se trouve , on vit tous en province quand in vit trop longtemps
Est-ce d’avoir trop ri que leur voix se lézarde quand ils parlent d’hier
Que d’avoir trop pleuré que des larmes encore leurs perlent aux paupières
S’ils tremblent un peu , est-ce de voir vieillir la pendule d’argent
Qui ronronne au salon , qui dit oui, qui dit non , qui dit je vous attends

Les vieux ne rêvent plus , leur livre et leur piano sont refermés
Le petit chat est mort , le muscat du dimanche ne les fait plus chanter
Les vieux ne bougent plus , leurs gestes ont trop de rides
Leur monde est trop petit
Du lit à la fenêtre , puis du lit au fauteuil et pour finir , du lit au lit
Et s’ils sortent encore , bras dessus bras dessous , tout habillés de raide
C’est pour suivre au soleil l’enterrement d’un plus vieux , l’enterrement d’une plus laide
Et le temps d’un sanglot , oublier toute une heure la pendule d’argent
Qui ronronne au salon , qui dit oui, qui dit non , qui dit je vous attends

Les vieux ne meurent pas , ils s’endorment un jour et dorment trop lontemps
Ils se tiennent la main , ils ont peur de se perdre , et se perdent pourtant
Et l’autre reste là , le meilleur ou le pire , le doux ou le sévère
Cela n’importe pas , celui des deux qui reste se retrouve en enfer
Vous le verrez peut-être , vous le verrez parfois , en pleur et en chagrin traverser le présent
En s’excusant déjà de n’être pas plus loin
Essuyant devant vous , une dernière fois la pendule d’argent
Qui ronronne au salon , qui dit oui, qui dit non , qui leur dit « je t’attends »
Qui ronronne au salon , qui dit oui, qui dit non , et puis qui nous attend


Jacques Brel
Simplement retranscrit par recuge










--

180- Les cons !

Posté le 03.06.2008 par micuge
180 – Les cons
Ce poème est de Pierre Jacob , chansonnier au grenier de Montmartre dans les années 1950/1960 , poème dédié à son ami Henri BLANT qui détestait les cons !

1
Ils sont le nombre , ils sont la masse
C’est à la pelle qu’on les ramasse
Ils couvrent d’immenses espaces
Les cons !
De conneries ayant hérité
Ils travaillent en majorité
A se faire une postérité
Les cons !
Et sans que ça les embarrassent
De leurs amis suivent la trace
Gaiement ils perpétuent la race
Des cons !
Et l’papa con suivant la loi
Dit à son fils avec émoi
Taches au moins d’être aussi qu’con qu’moi
Quel con !
2
Dans leur crane obtus rien ne rentre
Quant à leur goût il se concentre
Sur tout c’qui touche au bas ventre
Les cons !
Lorsqu’il y a de la clarté
De la pureté , de la beauté
Sans rien voir ils passent à côté
Les cons !
La tête au fond de leur culotte
Et l’cœur au niveau de leur bottes
Sans rien voir ils font du rase motte
Les cons !
En art ils n’ont pas d’horizon
Et sans espoir de guérison
C’est l’goût de la merde qu’ils ont
Les cons !
3
Ils n’ont qu’un rêve , la voiture
Mais quant ils s’offrent leur pature
Ils deviennent plus cons que nature
Les cons !
Certains d’entre eux , pauvres d’écus
N’ont même pas , j’en suis convaincu
Un bidet pour s’laver l’cul
Les cons !
Mais ils possèdent en revanche
Une chiotte couleur pervenche
Une chiotte à s’tuer le dimanche
Les cons !
Et , dans leur week end désastreux
Ils sont alors follement heureux
De s’traiter de cons entre eux
Les cons !
4
Parfois , eux et leur mécanique
Sous prétexte que c’est tonique
Le dimanche , ils vont en piqu’nique
Les cons !
Déployant leur papiers graissés
Et leur matériel insensé
Ils s’installent au bord du fossé
Les cons !
Puis ayant bouffé leur pature
Ils tournent le dos à la nature
Et r’gardent passer les voitures
L’œil rond
Beau spectacle , c’est évident
Mais ils pensent en leur par dedans
Qu’ils verront p’têtre un accident
Les cons !
5
En littérature , ils adhèrent
Aux stupidités légendaires
De leur canard hebdomadaire
Les cons !
Ils se délectent en effet
Comme s’ils savouraient un godet
De bonnes histoires à l’eau de bidet
Les cons !
Avec leurs titres , cons comme la lune
Tous ces journaux là font fortune
Il leur faut du cul à la une
Aux cons !
Il leur faut du cul qui vaut de l’or
Les journaux leur offrent alors
Celui de BB ou de Litz Tailor
Aux cons !
6
On a l’guitareux histérique
Qui vous fait tourner, en bourrique
Avec sa guitare électrique
Ce con !
Et tous ses fans , ravis de peu
Qui applaudissent tant qu’ca peut
Tant il est vrai qu’ils se contentent de peu
Arts cons !
On a , j’en ai l’souffle coupé
Toutes les vagissantes pépées
Miaulant leur niaiseries syncopées
L’œil rond
On a donc , c’est exorbitant
Le con chantant , le con votant
Le con toujours , le con tout l’temps
Le con !
7
Quand un homme d’état sur l’estrade
Par quelques tours de mascarade
Va leur débiter ses tirades
Aux cons !
Ils pourraient lui dire , va t’faire voir
Orateur de bateau lavoir
Ferme ta gueule , il va pleuvoir
Mais non !
Ils tapent des mains , il faut voir comme
Et groupés , autour du surhomme
D’admiration , ils braillent comme
Des cons !
Et le lendemain , frais et dispos
En agitant des p’tits drapeaux
Ils s’en vont payer leurs impôts
Des cons !
8
Les grands , qui dominent le monde
Dans leur comportement immonde
Qu’ont-ils fait de la machine ronde
Ces cons !
Un bordel et un abattoir
Risquant au cours de notre histoire
De se transformer en pétoire
Bien con !
Ecrasés comme par la meule
Ces pauvres peuples veulent
Se prosterner devant ces gueules
De cons !
Devant leur maître délirant
Sans savoir , c’est pourtant flagrant
Que plus c’est con et plus c’est grand
Les cons !

Poème de Pierre Jacob
Chansonnier au Grenier de Montmartre

179- Ma chatte

Posté le 03.06.2008 par micuge
179 – Ma chatte

Ma chatte est une princesse
Aux yeux bleus clairs
Du royaume du Siam héritière
Elle en a la démarche altière

Le jour , plutôt discrète
Elle fait souvent la sieste
Petit brunch le matin
Suivi d’un gros câlin
Repas léger au déjeuner
Juste avant de se recoucher
Grignotage pour le thé
Avant de regarder la télé
Puis elle attend le diner
Avant d’aller rôder

Là , c’est l’inconnu
Elle disparaît dans le jardin et se fond dans la nuit
Que fait elle ? c’est son secret
J’entends souvent des bruits très inquiétants
Miaulement rauques , sourds grondements
Il y a de la bagarre , assurément
Et puis , c’est l’aube , elle rentre tranquillement
Et va dormir avant le brunch du matin
Suivi de son gros câlin

Ma chatte est adorable
Mystérieuse , parfois inabordable
Elle use et abuse de son statut de reine
Mais malgré tout , je l’aime

MC
22/04/2008






178- Pour Ingrid , nos larmes

Posté le 06.04.2008 par micuge
178 – Pour Ingrid , nos larmes

Cruauté désespérante des hommes
FARC , NAZISME , GOULAG
On assassine sans état d’âme
Tous les droits bafoués sans vergogne

Ingrid martyre de tyrans
Aberrant et repoussant
Inhumains et bestiaux
Imbéciles et asociaux

Vous êtes , Madame , notre porte drapeau
Des valeurs humaines notre flambeau
Phare de notre civilisation
Contre toutes les formes de perversion

Notre monde est aux abois
Sur tous les continents on assassine
En Colombie , au Tibet , en Afrique
Mon Dieu , pourquoi ?

Depuis les origines , les hommes sont inchangés
Une poignée veut s’imposer
L’argent et le goût du pouvoir
Transforment tout en noir

Et pourtant , que nous pourrions bien vivre
Dans ce qui fut , à l’origine
L’Eden donné en héritage
A tous les hommes , en plein partage


MC
06/04/2008





177- Pourquoi tu pleures ?

Posté le 04.04.2008 par micuge
177 – Pourquoi tu pleures ?

Ce soir encore , Papa , lorsque tu es rentré
Je t’ai aperçu entrain de pleurer
Pourtant , tu t’étais bien caché
Tu ne voulais sans doute pas nous peiner

On t’attendait en espérant pouvoir diner
Sans chauffage pour moins dépenser
Mais tu n’as rien apporté
Ne t’inquiète pas , ensemble on peut tout supporter

Et puis , Maman a été faire le ménage dans le quartier
Tu vas être surpris , elle a gagné notre souper
Un bon hachis parmentier
Et du pain à volonté

Ne pleure pas , Papa , ce soir c’est la fête
On a de quoi manger
On va se réchauffer
On va s’aimer

Et quand je serai grand
Nous aurons un restaurant
Ouvert à tous les oubliés
Ouvert à tous les affamés

Ne pleure pas Papa , on a besoin de toi
Tu dois nous apprendre à nous battre avec toi
Pour que ce monde prenne enfin le chemin de l’espoir
Un jour viendra ou il cessera de nous décevoir

MC
04/04/2008





176- Salut les nains

Posté le 04.04.2008 par micuge
176 - Salut les nains

Les petits nains
Qui ne font rien
Me font penser
A une chanson
D'un ancien compagnon
Il y était question
De petits riens
Qui réchauffaient le corps et l'âme
C'était beau touchant et vrai
Notre humanité se vivifiait au feux de l'amitié

Que chanterait-il aujourd'hui notre ami
Devant toutes les injustices
Qui martyrisent notre temps
Que dirait-il des nains qui nous dirigent
Et qui capitulent pour un rien
Pas de tapage autour des jeux
Pas offusquer Pékin
Rejoindre les américains
S'aligner sur les normes
Rester insipides et frileux
C'est devenu la règle d'or

Nous ne sommes plus que des velléitaires
Toujours prêts à rouspéter dans le désert
Mais surtout pas à s'imposer
Trop d'intérêts économiques à protéger
Discutons longuement
Ça fera toujours passer le temps
Pour notre humanité , n'est-il pas scandaleux
D'accepter sans en être honteux
Les massacres au Tibet
Le martyr d'Ingrid
L'injustice pour l'Arche
Les mensonges de Mittal
La détresse des petits et des humbles

Vous nous manquez beaucoup , Monsieur Voltaire
Et vous aussi , Coluche et l'Abbé Pierre
En s'européanisant
Et pire encore , en se mondialisant
Le France s'est fondue
Dans le moule des tordus
A force de vouloir s'aligner sur autrui
La France n'est plus
Car notre âme s'est perdue

MC
04/04/2008



175- Sais-tu comme je t'aime

Posté le 02.04.2008 par micuge
175 – Sais-tu comme je t’aime ?

Si tu savais comme j’aime ton parfum
Senteur de rose et de romarin
Pimenté de lilas et de jasmin
Tu es à toi seule le parfum de l’amour

Si tu savais comme j’aime te regarder
Tableau vivant de la beauté
Les ans n’ont pas de prise
Sur les amants de Venise

Si tu savais comme j’aime t’écouter
Tes paroles sont une douce musique
Pleine de poésie
Je t’entends sans jamais me lasser

Si tu savais qu’il m’arrive de pleurer
Que je frémis à l’idée que nous serons séparés
L’âge nous conduit à cette rupture
Inévitable et contre nature

Si tu savais le don de Dieu
C’est à lui que nous devons d’être heureux
Profitons en même si nous sommes bien vieux
C’est la complainte des amoureux

MC
02/04/2008



174- Le plombier

Posté le 02.04.2008 par micuge
174 – Le plombier

Mon plombier est un malin
Que j’attends depuis ce matin
Après qu’il m’eut juré
De ne pas m’oublier de toute la journée

Mais ce coquin ne m’a pas dit
Que ne pas m’oublier n’était pas synonyme
Du verbe venir
Ce qui m’a contraint à ne pas partir
De toute la journée , interdit de sortir

J’attends avec une curiosité amusée
Ce qu’il va bien trouver pour se dédouaner
C’est sûr , n’est pas en cause sa responsabilité
On l’a encore rappeler sur un chantier
Ou l’électricien ou le carreleur a réussi à tout péter

La dernière fois , c’était le plâtrier
Qui avait déversé ses résidus de chaux dans l’évier
Ce qui , hélas , avait tout bouché
L’obligeant à tout siphonner
C’est t’y pas malheureux ce foutu métier

Stop ! le téléphone a sonné
Attendez moi un peu si vous voulez rigoler
Voilà , c’était bien lui , il est navré
Cette fois , c’est sa femme qui vient d’accoucher
Las ! il a oublié que depuis plus d’un an , il a divorcé !

Sacré plombier légèrement timbré
Menteur et déjanté
Mais va , je t’aime bien , même quand tu es givré
Et puis , quand tu finis par arriver
Chapeau l’artiste , tu connais ton métier

MC
02/04/2008




173- Complainte du retraité

Posté le 30.03.2008 par micuge
173 – Complainte du retraité

Autrefois , je fis un rêve merveilleux
En travaillant longtemps , j’ai cru œuvrer au mieux
M’assurer des vieux jours modestes mais heureux
Voir arriver ma fin sans être impécunieux

Mais les rêves peuvent aussi nous tromper
Plus les années passent et plus je dois compter
Supprimer , chipoter , et même me priver
Quant à voyager , il ne faut plus y penser

La vie n’est pas vraiment enthousiasmante
Ni pour les anciens , ni pour les jeunes débutants
Angoisse du jour et peur du lendemain
Alors , l’avenir , on verra ça demain

Pour tous les retraités et c’est une évidence
Notre pouvoir d’achat baisse constamment
Notre durée de vie augmentant régulièrement
Nos soucis vont toujours grandissant

Je me demande s’il ne serait pas temps
D’envisager l’euthanasie en grand
A condition que ce soit fait en chantant
Et avec un certificat pour les enfants

Le problème , c’est que notre modèle social
Etait fait pour la France
Avec l’Europe et la mondialisation
La doulce France n’est plus
Et c’est sans doute ce qui nous tue

MC
30/03/2008








172- Giboulées

Posté le 30.03.2008 par micuge
172– Giboulées

Les giboulées de Mars arrivent en Avril
Le temps est détraqué , comme le genre humain
Retrouver l’équilibre , ce n’est pas pour demain
Mais espérons quand même , malgré ce grand péril

Mes frères humains ne semblent pas avoir encore compris
Toute l’étendue des changements qui nous attendent
Le niveau des mers grimpant de plus d’un mètre
Ce sont des milliards d’hectares qui disparaissent

De plus en plus d’âmes à nourrir
De moins en moins de terres pour les servir
Les océans pillés de toutes leurs vivres
Comment les hommes vont-ils survivre ?

Le genre humain courre à sa perte
Personne apparemment ne s’en désespère
On semble croire que tout va s’arranger
Sans même se rendre compte des dangers

Et tous ces périls vers lesquels on chemine
Ne troublent pas vraiment les dirigeants
L’industrie doit tourner à plein régime
Et tant pis pour la suite , occupons-nous du présent

Vision de nains sans envergure
Mais pour le genre humain quelle aventure
Comment va-t-on vivre demain
Sans air et sans eau ce sera notre fin


MC
30/03/2008








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